La ville de Dalí

Frontalière et française, ouverte et commerçante, bourgeoise et paysanne à la fois, laïque et républicaine, animée et de forte tradition démocratique. Ainsi est Figueres au début du XXe siècle, la ville où naît celui qui en sera le peintre universel. Les gens ne se comprennent pas sans les lieux qui les ont vu grandir. Dalí et la ville de Figueres en sont un excellent exemple.

Retracer l’histoire de Figueres, c’est comprendre le contexte de vie, humain et culturel dans lequel a grandi le fils du notaire Dalí. Une ville qui, du vivant de l’artiste, connaît des changements et des transformations. Les premières décennies du XXe siècle, emplies d’espérance, l’ont vue se moderniser ; sa situation de ville frontalière, proche de la mer, avec une plaine agricole fertile et étendue est imbattable, mais la guerre civile est une grande blessure. L’après-guerre en fait une ville où l’on cherche des laissez-passer pour sortir du territoire et où règne, comme dans tout le pays, une forte répression. Une situation qui commence à changer dans les années soixante avec l’arrivée du tourisme. Bien que Dalí soit devenu une personnalité cosmopolite, il ne s’est jamais dissocié de « sa » Figueres. Au fil des ans, cet enfant né au 6 de la rue Monturiol fait de Figueres une ville universelle.

Image de la Rambla de Figueres et parmi la foule un « charlatan », travaillant comme dentiste ambulant, 1888-1889
Image de la Rambla de Figueres et parmi la foule un « charlatan », travaillant comme dentiste ambulant, 1888-1889.
Photographe: Josep Maria Cañellas. Archives nationales de Catalogne

“Une ville généreuse, enthousiaste, amoureuse des spectacles, tolérante, pas trop soucieuse d'épargner”

— Josep Pla. Viatge a Catalunya, 1934