Caléidoscope

Enfant dans cette maison déjà, Dalí cherche à attirer l’attention pour se sentir unique et fait souvent le contraire de ce qu’on attend de lui.

Adulte, il pousse à l’extrême cette manière d’être, il développe sa perspective propre de la créativité, de l’imagination et du génie et va jusqu’à se nommer lui-même le « divin Dalí ». Il relate cela dans son livre La vie secrète de Salvador Dalí (1942), où il mélange réalité et fiction pour construire sa personnalité publique. Il parvient ainsi à étendre sa popularité bien au-delà des cercles artistiques et plus les gens l’observent, plus il offre des visages différents, à la manière des kaléidoscopes.

Le grand provocateur

Pour Dalí, la provocation est un outil pour remettre en question tout ce qui l’entoure : des structures de la société bourgeoise comme la famille au monde de l’art et même à lui-même.

Sa façon de faire transgressive et controversée lui est très utile pour construire le mythe du génie surréaliste, mais elle impacte aussi son environnement.

Dalí et la scène

À la fin des années trente, Dalí commence à être reconnu internationalement. Sa capacité d’attirer l’attention et de générer la polémique par des actions provocatrices fait son effet. Paris est la première ville où il se démarque et cela lui ouvre les portes de la haute société. Puis viennent Londres et surtout New York. C’est aux États-Unis que sa facette performative atteint son apogée.

Paris

Londres

New York

Les happengings daliniens

Durant l’espagne franquiste

En 1948, Dalí revient des États-Unis. L’Espagne, sous la dictature de Franco, a gagné la guerre civile. L’ambiance et la mentalité sont très différentes de celles de New York, Londres ou Paris.

Installé à Portlligat, l’artiste tente d’abord de convaincre les autorités de l’évolution de sa pensée et de sa conception artistique depuis son départ pendant la guerre civile. L’approche de Dalí de la religion et du mysticisme tout au long des années 1940 a été essentielle pour faciliter sa coexistence avec le régime. Il cherche à le prouver avec des événements pompeux comme une visite au pape Pie XII en 1949 et sa conférence de 1950 à l’Université de Barcelone intitulée « Pourquoi j’ai été sacrilège, pourquoi je suis mystique » (Por qué fui sacrílego, por qué soy místico).

Cette transformation éveille les soupçons. Le journaliste catholique Manuel Brunet (ami de sa sœur Anna Maria), dénonce avec virulence les motivations intéressées du peintre qu’il accuse de plagiat.

Il est vrai que Dalí retrouve peu à peu une démarche plus performative, surtout à partir des années soixante. Le régime franquiste le tolère car il offre une image plus moderne, appropriée à l’Europe de l’époque, qui a tourné la page du totalitarisme et de la Seconde Guerre mondiale. Bonne preuve en est que le NODO lui consacre plusieurs reportages.

Selon le journaliste Josep Playà, durant cette période et jusqu’en 1976, Dalí organise une trentaine de happenings. La plupart dans et autour de Portlligat.